Simplyk, Koji et (encore) Kickstarter : des idées innovantes à surveiller en 2021

Mea culpa : dans les premiers mois de la pandémie, j’ai laissé sous-entendre que la crise mettrait à mal le financement participatif à la Kickstarter, incluant la plateforme. Cela ne s’est pas réalisé et c’est tant mieux! En effet, ce n’est pas l’engagement des contributeurs qui a fléchi, mais bien l’inscription de nouveaux projets sur le populaire site qui, conséquemment, a entraîné une baisse de revenus. Quelques mots donc sur les préoccupations futures du CEO de Kickstarter, suivies de deux nouvelles plateformes qui s’annoncent très prometteuses. Très hâte de les voir évoluer!

KICKSTARTER : ÉCHECS ET APPRENTISSAGES

Quelques semaines après avoir remercié 40 % de ses employés, le patron de Kickstarter, Aziz Hasan, a accordé une longue entrevue à The Verge, dans laquelle il révèle les conséquences de la crise sanitaire sur son entreprise. On apprend notamment que certains projets s’en sont mieux tirés que d’autres, par exemple les jeux vidéo et la bande dessinée. D’ailleurs, le Guardian soulignait récemment que même Keanu Reeves s’était mis aux comics sur Kickstarter.

Mais ce que je tiens à souligner ici, ce sont ses propos quant à l’avenir de la populaire plateforme, parce qu’il y a évidemment matière à amélioration.

Voici les points saillants :

  • Jouer un rôle plus actif dans le processus créatif d’une campagne – pas juste lancer des produits prêts-à-livrer. Autrement dit, accompagner les créateurs en les aidant à mieux définir leurs idées (et sans doute leur public).
  • Améliorer la recommandation, tant technique (algorithmes) qu’humaine (infolettres), afin que le contributeur potentiel soit exposé aux projets les plus pertinents par rapport à ses intérêts.
  • Déjà en place : les pages de pré-lancement. Il était temps! Il est généralement recommandé de procéder au pré-lancement d’une page de campagne avec un groupe restreint, afin de recueillir les commentaires et d’apporter les corrections nécessaires avant le grand jour. Or, ici, on ne parle pas de pages en mode « aperçu », mais de pages qui sont mises en ligne et référencées de manière à s’afficher dans la section « Bientôt en ligne ». La fonction « Me prévenir du lancement » invite l’utilisateur à s’inscrire afin de recevoir les notifications liées au projet.

Puis j’ajouterais ceci : amélioration de l’expérience contributeur. À mon humble avis, les pages de projet auraient besoin d’être réorganisées et épurées. Les informations y sont trop abondantes; consultées sur mobile, on s’y perd rapidement. 

Toutefois, le nombre de clics exigés pour remplir le formulaire de contribution est moindre que chez bon nombre de plateformes, dont certaines d’ici qui auraient avantage à les réduire. Ils sont parfois si longs à remplir qu’ils nuisent à la conversion.

Les fondateurs de Simplyk ont bien compris cela.

DES PLATEFORMES PROMETTEUSES EN 2021 

Comment se fait-il que personne ne m’ait parlé de Simplyk, une nouvelle plateforme de collecte de fonds montréalaise 100 % gratuite? Peut-être parce que je m’intéresse davantage au modèle avec récompenses qu’à celui du don caritatif employé par les OBNL…

Ce qui m’a séduit, c’est la démarche des fondateurs, François de Kerret et Thibault Jaurou. Celle-ci accorde une grande place à la donnée et met l’accent sur le parcours du donateur. Alors que Kickstarter met le projecteur sur les artistes – ce qu’on comprend, compte tenu de leur modèle – Simplyk s’attarde au confort du donateur. Ainsi, ils ont développé un outil qui propose un formulaire de don rapide à remplir (minimiser le nombre de clics pour assurer une meilleure conversion), responsive (sachant que l’utilisateur ouvrira sans doute le formulaire sur son mobile) et dans la langue de ce dernier.

Comme c’est gratuit, chaque don est remis en entier à l’OBNL. Simplyk mise sur la générosité des donateurs, qui peuvent offrir une contribution supplémentaire afin de financer les opérations de la plateforme. L’inspiration vient du modèle sans frais de GoFundMe.

Lancé en 2016, Simplyk était d’abord un outil servant à mettre en relation des organismes avec des bénévoles. La plateforme offre toujours ce service et c’est franchement bien réalisé.

Maintenant, Koji.

C’est par un article du USA Today que j’ai découvert cette nouvelle plateforme.

Cette partie de l’introduction m’a fait hausser les sourcils : « Dmitry Shapiro and partner Sean Thielen looked to solve with their Koji website, to create a vehicle for the « 99% » of social media users who don’t have the big audiences « influencers » get. They, too, should be able to « monetize their fandom » no matter how small a group it is, Shapiro says. »

Quoi?!? Koji fait de la magie?

À ma connaissance, le réseau est indissociable du financement participatif. Bien sûr, un artiste peut concevoir une stratégie de monétisation sans avoir des milliers d’abonnés sur Instagram, mais le montant d’argent sera pratiquement toujours déterminé par la taille et l’engagement de sa communauté. Autrement dit, s’il n’a pas préalablement cultivé sa présence et ses relations sur ses médias sociaux, il lui sera difficile de tirer une somme décente en ligne. Sinon, on appelle ça un miracle.

Quelques recherches plus tard, je confirme que la présentation du média américain était un peu exagérée (oui, tout le monde peut monétiser son réseau, mais l’argent se rentrera pas tout seul…). N’empêche que le nouvel outil lancé en octobre dernier par des pointures du domaine – Shapiro est un ex de Google et de MySpace – est fichtrement bien pensé pour les médias sociaux. 

En fait, le but de Koji est de pousser plus loin l’idée d’interaction avec des contenus créatifs en s’inspirant de Tik Tok. L’abonné peut créer des publications sur mesure à partir d’images, de musiques ou de vidéos, et les partager directement sur ses médias sociaux grâce à une URL unique. Le format ressemble généralement à des stories; c’est dynamique, le texte va doit au but, on comprend tout en clin d’oeil.

Les exemples qui m’ont semblé les plus évocateurs mettent en scène un créateur ou un entrepreneur qui offre ses « services » en échange de contributions. Et comme pour Simplyk, le formulaire de don est d’une simplicité fascinante. De plus, on n’est pas dirigé vers une plateforme externe.

Un autre bel outil pour recueillir des dons de manière amusante et efficace. Très 2021.

En terminant, j’en profite pour vous souhaiter une douce et lumineuse année 2021. Que l’inspiration et les brillantes collaborations soient au rendez-vous!

P.-S.: J’ai pensé lancer une page Facebook afin de partager les campagnes de sociofinancement dans le milieu de la culture, de la restauration, et des autres entreprises touchées par la pandémie. Embarqueriez-vous?

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